Les intolérances alimentaires

Mieux les comprendre pour mieux les prendre en charge

Nathalie Brenner

7/2/20264 min read

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Les intolérances alimentaires : mieux les comprendre pour mieux les prendre en charge

Les troubles digestifs sont aujourd'hui de plus en plus fréquents. Ballonnements, douleurs abdominales, diarrhée, constipation ou inconfort après les repas peuvent parfois être liés à une intolérance alimentaire.

Mais les manifestations ne sont pas toujours digestives. Chez certaines personnes, les intolérances alimentaires peuvent également être associées à des symptômes plus généraux et parfois peu spécifiques, comme une fatigue persistante, des maux de tête, des difficultés de concentration, des douleurs articulaires, des troubles cutanés ou une sensation de mal-être. Ces symptômes pouvant avoir de nombreuses autres causes, il est important de ne pas conclure trop rapidement à une intolérance alimentaire sans démarche diagnostique adaptée.

Pourtant, les intolérances restent encore mal connues. Elles sont souvent confondues avec les allergies alimentaires ou considérées comme un simple effet de mode. La réalité est plus nuancée.

Intolérance ou allergie : quelle différence ?

Contrairement à l'allergie alimentaire, qui implique une réaction du système immunitaire pouvant être sévère, l'intolérance alimentaire correspond généralement à une difficulté de l'organisme à digérer ou à tolérer certains aliments.

Les symptômes sont souvent moins spectaculaires mais peuvent avoir un réel impact sur la qualité de vie.

Ils peuvent être :

  • ballonnements ;

  • douleurs abdominales ;

  • diarrhée ou constipation ;

  • reflux ;

  • nausées ;

  • fatigue ;

  • maux de tête ;

  • parfois des manifestations cutanées ou articulaires.

Chaque personne présente une sensibilité qui lui est propre.

Pourquoi parle-t-on davantage des intolérances aujourd'hui ?

Les consultations pour troubles digestifs sont en augmentation depuis plusieurs années.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution :

  • des habitudes alimentaires qui ont changé ;

  • une consommation plus importante d'aliments ultra-transformés ;

  • le stress chronique ;

  • certaines modifications du microbiote intestinal ;

  • une meilleure connaissance de ces troubles.

Les intolérances alimentaires non allergiques concerneraient environ 20 % de la population européenne, selon les estimations disponibles.

Attention à l'autodiagnostic

De nombreuses personnes décident d'elles-mêmes d'arrêter le gluten ou le lactose dans l'espoir de retrouver un meilleur confort digestif.

Cette démarche peut parfois améliorer certains symptômes, mais elle présente aussi des risques.

Dans le cas du gluten notamment, il est essentiel de rechercher une maladie cœliaque avant de commencer un régime sans gluten.

En effet, une fois le gluten supprimé, les examens biologiques peuvent devenir négatifs et rendre le diagnostic beaucoup plus difficile. Cette situation est fréquente en pratique.

Avant toute éviction alimentaire prolongée, il est donc recommandé d'en parler avec un professionnel de santé.

Les principales intolérances alimentaires

L'intolérance au lactose

Elle est liée à une diminution de l'activité de la lactase, l'enzyme qui permet de digérer le lactose.

Contrairement à certaines idées reçues, il n'est pas toujours nécessaire de supprimer totalement les produits laitiers.

La plupart des personnes tolèrent une certaine quantité de lactose, qui varie selon chacun. L'objectif est donc de déterminer son seuil de tolérance plutôt que d'exclure systématiquement tous les produits laitiers.

Le gluten et la maladie cœliaque

Le gluten peut être impliqué dans plusieurs situations différentes :

  • la maladie cœliaque, une maladie auto-immune nécessitant une éviction stricte du gluten ;

  • la sensibilité non cœliaque au gluten, encore en cours d'étude ;

  • ou parfois aucune implication du gluten, les symptômes étant liés à d'autres composants alimentaires.

C'est pourquoi un diagnostic médical est indispensable avant toute éviction prolongée.

Les FODMAPs

Les FODMAPs sont des glucides fermentescibles naturellement présents dans de nombreux aliments.

Chez certaines personnes souffrant notamment d'un syndrome de l'intestin irritable, ils peuvent provoquer :

  • des ballonnements ;

  • des douleurs abdominales ;

  • des gaz ;

  • des troubles du transit.

Le régime pauvre en FODMAP est aujourd'hui reconnu comme une stratégie efficace dans certaines situations. Il ne doit cependant pas être poursuivi à long terme, mais être suivi d'une phase de réintroduction afin d'identifier les aliments réellement mal tolérés.

Une approche personnalisée

Chaque intolérance possède ses propres mécanismes.

Certaines sont liées à un déficit enzymatique, d'autres à une maladie auto-immune ou à une sensibilité digestive particulière.

C'est pourquoi il n'existe pas de régime universel.

Lors de mes consultations, je cherche avant tout à comprendre :

  • vos symptômes ;

  • leur contexte d'apparition ;

  • votre alimentation ;

  • votre mode de vie ;

  • votre santé digestive.

Lorsque cela est nécessaire, nous travaillons également sur le microbiote intestinal, les éventuelles carences en micronutriments et les autres facteurs susceptibles d'entretenir les symptômes.

À retenir

Les intolérances alimentaires ne sont pas un effet de mode.

Elles existent, mais elles nécessitent une prise en charge rigoureuse afin d'éviter des évictions inutiles ou des carences nutritionnelles.

Mon objectif est de vous aider à identifier les aliments réellement impliqués, tout en conservant une alimentation la plus variée, gourmande et équilibrée possible.

📚 Le point scientifique

Les recommandations actuelles insistent sur l'importance d'un diagnostic médical avant toute éviction prolongée du gluten, afin de ne pas retarder ou masquer le diagnostic d'une maladie cœliaque. Concernant les FODMAPs, les études montrent leur intérêt chez certaines personnes atteintes du syndrome de l'intestin irritable, mais ce régime doit rester temporaire et être accompagné d'une réintroduction progressive des aliments.

📚 Pour aller plus loin

  • Recommandations de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE).

  • Recommandations de l'ESPGHAN concernant la maladie cœliaque.

  • Recommandations de la Monash University sur le régime pauvre en FODMAP.

  • AFDIAG (Association Française des Intolérants au Gluten).